Le cap des 100 km n’était pas un objectif fixé sur une feuille. Il s’est construit sortie après sortie, depuis le moment où le vélo restait beaucoup plus souvent rangé qu’utilisé. Cette boucle matinale a simplement fait basculer le compteur — mais elle m’a surtout montré que quelque chose avait déjà changé dans ma façon de rouler.
Dix minutes avant de trouver les jambes
Le départ a été tôt, avec cette lumière encore basse qui donne envie de s’arrêter avant même d’avoir commencé. L’envie de sortir était là, mais le corps, lui, avait besoin d’un peu plus de temps. Pendant les dix premières minutes, les jambes semblaient lourdes et le rythme difficile à trouver. Rien d’alarmant : seulement cette phase où chaque faux plat paraît plus long qu’il ne l’est vraiment.
J’ai donc résisté à l’envie de forcer immédiatement. Une cadence tranquille, le temps de chauffer, et l’énergie est arrivée progressivement. C’est peut-être le premier vrai apprentissage de cette reprise : une mauvaise sensation au départ ne dit pas forcément comment se passera le reste de la sortie.

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« Ne pas juger la sortie sur les dix premières minutes. »
Cette fois, toutes les côtes passent
Une fois le rythme installé, la sortie est devenue beaucoup plus fluide. Les chemins secs permettaient de garder de la vitesse et les portions au bord de l’eau offraient exactement ce que je cherche avec ce projet : rouler sans se couper du paysage. Plusieurs fois, j’ai ralenti simplement pour regarder, pas parce que j’étais à bout.
Le vrai repère du jour n’est d’ailleurs ni la moyenne de 13,5 km/h ni le temps de déplacement. Ce sont les montées. Toutes sont passées sans poser le pied à terre. Quelques semaines plus tôt, certaines m’auraient probablement obligé à m’arrêter ou à pousser. Ici, j’ai pu rester sur le vélo, gérer l’effort et conserver assez d’énergie pour repartir après le sommet. C’est une progression simple, mais très concrète.

100 km : un petit chiffre, un vrai changement
Cent kilomètres cumulés restent modestes à l’échelle d’un cycliste régulier. Mais ce n’est pas vraiment la comparaison qui compte. Au début, le premier enjeu était de ressortir le vélo et de rendre les sorties moins exceptionnelles. Aujourd’hui, je commence à penser à la distance suivante, au terrain, à la gestion de l’effort — plus seulement à la question de savoir si je vais réussir à partir.
Je termine ces 20,2 km avec encore de l’énergie, pas avec l’impression d’avoir vidé toutes les réserves. C’est ce qui me fait considérer les 30 km comme le prochain cap réaliste. Pas pour chercher une performance, mais pour voir un peu plus loin tout en gardant le même plaisir de rouler.
Allonger la distance sans transformer la sortie en épreuve.
Deux vitesses commencent à faire des leurs
Tout n’a pas été parfait. À deux reprises, la transmission a donné la sensation que la chaîne n’accrochait plus correctement : pas de déraillement, mais un saut sec, comme si le dérailleur hésitait à passer sur un autre pignon. Le vélo continue de rouler, mais le signal est assez clair pour ne pas attendre que le problème s’aggrave.
La prochaine étape se passera donc à l’atelier : contrôle de l’indexation, de la tension du câble et de l’usure de la transmission. Ce sera aussi un bon sujet à documenter ici, avec ce qui a réellement causé le problème et le réglage qui l’a résolu.

CE QUE JE RETIENS
Trois choses apprises sur cette sortie
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Laisser le corps démarrer. Les dix premières minutes difficiles n’annoncent pas forcément une mauvaise sortie.
- 02
Mesurer la progression autrement. Passer les côtes sans poser le pied m’apprend davantage que la vitesse moyenne.
- 03
Écouter aussi le vélo. Deux vitesses qui sautent méritent un réglage avant d’allonger les distances.
Informations pratiques
Sortie réalisée par temps sec, tôt le matin, sur un mélange de chemins agricoles, de petites routes et de passages proches de l’eau. Un VTT ou un VTC robuste convient. La visibilité peut être faible au lever du jour : éclairage et éléments réfléchissants restent utiles, même en été.
À propos de l’itinéraire : la trace exacte et le point de départ ne sont volontairement pas publiés. Le secteur, le terrain et les statistiques suffisent ici à raconter la sortie sans exposer un lieu de départ privé.

